Thierry Crouzet n'est pas un technophobe. Depuis les balbutiements des LLM, il a expérimenté — écrire à la manière de Houellebecq avec ChatGPT et Claude, brainstormer avec un auteur virtuel, explorer les limites du prompt. Son bilan, trois ans plus tard, est sans appel.

«L'IA veut normer, nous sommes des casseurs de normes. Pour apprendre à une IA à casser les normes, on lui en impose de nouvelles.»

Ce qu'il identifie est fondamental : bien écrire n'existe pas en tant qu'universel. Un auteur ne cherche pas à «mieux écrire» — il cherche son écriture. Ses tics, ses maladresses, ses névroses linguistiques deviennent sa signature. L'IA, machine à identifier et reproduire des patterns, fait précisément l'inverse.

Et le cas du deuil, qu'il évoque dans l'article, est le plus révélateur : face à la perte, il lui est devenu impossible d'utiliser l'IA. Parce que la littérature du deuil n'est pas une question de style — c'est une question d'être présent à ce qu'on vit.

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